Le Biopark

Réhabilitation d'un bâtiment de bureaux durable et indépendant

Un nouveau centre de la santé et de la science

Le Biopark, construit en 1990 était un ancien hôtel industriel, rénové une première fois en 2006 par l’agence d’architecture Valode et Pistre. L’ensemble du bâtiment, situé près de la gare d’Austerlitz, accueillait des laboratoires et des bureaux, dédiés aux entreprises de santé humaine. L’agence PDA architecture est intervenue après le départ d’un locataire et le souhait du Groupe Gecina de valoriser cet ensemble immobilier afin de le faire correspondre davantage aux nouveaux usages des espaces de bureau. Il s’agit d’une rénovation lourde avec notamment un nouveau traitement du seuil et des flux. Cela a généré une nouvelle connexion entre espace public et espace privé. Une étude d’impact poussée a permis de définir les cibles de cette rénovation avec une stratégie bas carbone et rénovation durable.

Une rénovation durable : conserver et valoriser

L’agence PDA architecture a choisi de réaliser une rénovation ciblée, pour un immeuble plus durable et vivant. L’ensemble immobilier présentait de nombreuses qualités mais également quelques défauts. Les points les plus problématiques de l’immeuble pouvaient être solutionnés grâce à des rénovations ciblées, et non pas globales, en tenant compte des réalisations existantes. L’agence a donc mené un rôle de conseiller et d’avertisseur sur l’empreinte carbone et architecturale que peut avoir la régénération de la ville et de ses immeubles. L’écriture architecturale déjà présente devait être conservée et valorisée, tout en permettant une transformation radicale des espaces de bureau intérieurs. Il était important de conserver tout ce qui était en bon état et de le sublimer avec des matériaux biosourcés, sélectionnés en fonction de leur faible impact et de travailler en circuit court.

Ouverture du bâtiment sur la ville

Grandes hauteurs, espaces ouverts et généreux, l’immeuble présentait d’importantes qualités mais il semblait également trop renfermé sur lui-même, sans véritable entrée capable de le connecter à la ville. Les espaces extérieurs, peu exploités, méritaient d’être davantage valorisés. L’agence PDA architecture a décidé de repenser radicalement le socle de cet immeuble pour le rendre serviciel et ouvert sur la ville. La recherche d’extérieurs dans un immeuble de bureaux est un enjeu actuel majeur. Un réel travail a donc été mené sur les espaces extérieurs pour les libérer de tous les équipements techniques qu’ils abritaient. Chaque niveau a pu retrouver un extérieur ouvert et accueillant. La favorisation de la biodiversité a aussi été l’un des enjeux clé de cette rénovation exemplaire.

Des espaces de bureaux flexibles et serviciels

La crise sanitaire a accentué le besoin d’échanges informels dans les espaces de travail. Au sein du Biopark, les bureaux représentent 1/5 de la surface totale du bâtiment. Chaque niveau présente alors des espaces intérieurs et extérieurs qui leur sont dédiés, avec un rez-de-chaussée totalement flexible. Au cours de la première rénovation, l’enveloppe du bâtiment avait déjà été considérée comme un support de biodiversité et il était primordial que les nouveaux travaux réalisés poursuivent le même objectif. Les nouveaux espaces de terrasse ont permis d’accueillir davantage de végétaux et de les rendre plus accessibles aux occupants, concrètement comme visuellement. Les espaces de bureaux ont en effet été totalement ouverts et dégagés grâce à la pose de grandes baies vitrées. La hauteur libre a été retrouvée avec la dépose des plafonds. Un grand soin a été apporté à la technique et à l’agencement de chaque équipement. Des nappes techniques, avec une stratification, ont été mises en place. Une première couche de distribution de fluides, une seconde de correction phonique, avec des panneaux acoustiques positionnés de façon libre et enfin, une trame de luminaires qui vient rigidifier et unifier l’ensemble. Le traitement de ces plafonds permet d’obtenir de grands espaces en gardant une échelle raisonnable. Les espaces de bureau ont été conçus pour être totalement cloisonnés ou décloisonnés en fonction des usagers. La façon de travailler est propre à chaque entreprise et évolue au fil du temps. Le rôle d’un architecte étant de concevoir la flexibilité des espaces, tout en répondant aux attentes techniques des futurs usagers, l’agence a tout fait pour permettre cette réversibilité.

Le hall d'entrée : reconnexion de l’immeuble à son quartier

Le hall d’entrée a ainsi été façonné comme un iceberg, comme une pause acoustique qui représente près d’un quart de la surface du rez-de-chaussée. Il est composé d’un ensemble de facettes paramétriques acoustiques qui vient couper le bruit de la rue. L’ensemble de l’entrée mobilise les sens : l’audition d’abord, avec cette transition douce du tumulte vers le calme, et la vue ensuite, avec un hall blanc immaculé qui rompt avec une rue trop sombre. L’utilisation de matériaux chaleureux tels que le bois annonce des espaces plus conviviaux. Le hall ouvre en effet l’accès à des espaces de services différents : des amphithéâtres, salles de sport, auditoriums… Un socle ouvert et une écriture architecturale qui marquent la volonté de l’agence de reconnecter l’immeuble à son quartier, à sa ville.

S’ouvrir sur la ville et favoriser les échanges

L’une des particularités de ce quartier, pourtant récent, est d’être dépourvu de pieds d’immeubles vivants et attractifs. L’entrée de cet immeuble était mal dessinée et donc difficilement identifiable depuis l’extérieur. L’agence PDA architecture devait rendre ce bâtiment moins hermétique en ouvrant totalement son socle. Un mur rideau de 5 mètres de hauteur, parcourant l’ensemble du rez-de-chaussée, a permis une percée visuelle entre la rue et le jardin intérieur, tout en laissant circuler la lumière. Afin de répondre aux différents niveaux de perméabilité de confidentialité requis par les immeubles de bureau aujourd’hui, l’agence a entièrement repensé le nouveau socle.  Il permet désormais d’accueillir, de rassembler, de diffuser et d’échanger.

Entre connexion et digital, l’architecture 2.0

Le projet du Biopark a été entièrement conçu via le BIM (Building Information Modeling). L’ensemble des équipes de maîtrise d’œuvre, les entreprises et la maîtrise d’ouvrage ont participé à un processus collaboratif poussé autour du jumeau numérique du bâtiment. L’agence PDA architecture a piloté et coordonné l’utilisation de cette maquette vivante et évolutive. Ainsi, la modélisation des informations du bâtiment a engendré une grande qualité de conception, notamment celle de l’existant. L’utilisation d’un scan 3D, d’un modèle unique et l’intégration de toutes les expertises ont permis de faire un projet de rénovation avec une gestion du risque maîtrisée. Le Biopark est un exemple d’utilisation optimale des outils numériques dans le cadre d’une rénovation lourde. L’utilisation des data a permis d’aller jusqu’à la livraison d’un DO numérique qui permettra au futurs exploitants une meilleure gestion digitale du bâtiment. L’agence PDA a également utilisé l’architecture paramétrique, aussi appelée « design génératif », comme matière à projet. A partir des contraintes de l’existant et de paramètres choisis, l’informatique a permis de réaliser une architecture sur-mesure pour façonner le projet. Par exemple, la structure du hall et son facettage ont été réalisés à partir de contraintes acoustiques en architecture paramétrique. A la renaissance, la perspective avait totalement changé la façon de concevoir l’architecture. Aujourd’hui, ce sont les outils informatiques qui nous permettent de redéfinir notre façon de concevoir les projets. L’agence met au centre de sa pratique l’utilisation de ces nouveaux outils et mène une veille constante sur l’ensemble des technologies applicables au monde de l’architecture.  

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Fiche technique
  • Maîtrise d’ouvrage : Gecina
  • Maîtrise d’œuvre : PDA Architecture (Architecte mandataire), Eppy (BET Fluides)
  • Adresse : 8 rue Jean Antoine de Baïf 75013 Paris
  • Mission : Mission complète, BIM, suivi de chantier
  • Surface : 6 400 m² SDP
  • Coût travaux HT : 6 000 000 €
  • Eco-conception : HQE exploitation
  • Calendrier : 2021
  • Photos : Guillaume Guerin
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